Jour après jour

Aujourd’hui, c’est la journée internationale (des droits) de la femme (on devrait officiellement supprimer ces parenthèses). Ça m’a donné envie d’écrire quelques lignes, notamment en voyant le « women washing » qui apparaît dans la communication de certaines organisations. J’ai aussi repensé au discours de Martin Luther King, un grand classique dont je ne connais que l’amorce, bien sûr : j’ai un rêve…

Je rêve d’un monde où cette journée ne serait plus nécessaire. Un monde où ce combat ne serait plus à mener, mais mené à bien. Je rêve d’une société où la question d’équité de genre n’existerait plus, où ce débat n’aurait plus d’objet. Je rêve d’un monde où les offres d’emploi ne comportent plus la mention « nous encourageons les *** à postuler » (remplacez les étoiles par femmes, personnes en situation de handicap, personnes issues de minorités ethniques, ce que vous voulez), parce que cela va de soi.

Je rêve d’une société où chacun serait considéré en fonction de son éthique, de ses actions, de ses aptitudes, de ses contributions et de ses aspirations, et non plus en fonction de son sexe, de son origine ou de ses obédiences. Où il ne serait plus question de discrimination positive, car la représentativité naturelle des genres et des origines existerait en toutes circonstances.

Je rêve d’une planète où les femmes n’auraient plus à craindre de révéler leur grossesse ou leur envie de maternité par peur d’être écartée d’un poste de travail; où cette question – au-delà de la loi bien fragile- n’aurait pas à être posée, non pas parce que c’est ignoble et indigne, mais parce que ce serait absurde voire inconcevable.

Je rêve de villes et de campagnes où chacun serait libre de déambuler sans avoir à s’assurer de sa sécurité. Je rêve de voir disparaître le vocabulaire sexiste et les remarques déplacées (sans parler des mains baladeuses), d’assister à la prise de conscience des schémas pluriséculaires qui se nichent en chacun de nous et qui ne demandent qu’à être reproduits, jour après jour. Et de voir ces schémas cassés, remplacés par de vertueux mécanismes d’entraide, d’empathie et de compassion. Et de partage de la charge mentale, aussi. Les femmes sauront de quoi je parle; quant aux hommes, si vous ne savez pas ce dont il s’agit, c’est qu’il est vraiment temps de travailler sur ces schémas…

Tout cela est encore largement du domaine de l’utopie bien entendu. Pour autant, je garde vivace l’espoir que cela arrive encore durant les 3/4 de siècle (restons optimistes!) qu’il me reste à passer sur ce caillou qui dérive (plus ou moins) dans l’espace. Je vois partout les femmes se dresser, se battre, rompre le silence, interrompre les cycles de violence. Je vois des hommes s’insurger, se battre aussi, se révolter également, contre des habitudes si ancrées qu’elles passent presque inaperçues. Certaines choses changent, d’autres pas, pas assez vite.

Le chemin est encore long, très long, mais nous l’arpentons, jour après jour.

Photo by Tim Mossholder on Unsplash

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